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Histoire et histoires de Pornichet

Histoire et histoires de Pornichet

Patrimoine, personnalités, villas...

Pornichet vu par Flaubert

Continuons dans les vieux livres et arrêtons nous sur le voyage effectué par Gustave Flaubert et Maxime Du Camp en 1847. Ce voyage à travers la Bretagne "pittoresque" les amène à traverser Pornichet qui n'est alors qu'un petit village comme on peut le voir sur ce dessin de M. Ouvrard réalisé 7 ans après le passage des deux amis.

 

pornichet 1854 par Ouvrard 1 « Nous passâmes à travers le pauvre hameau de Saint Sébastien, par un chemin creux qui s’allonge tristement entre de hauts talus couverts de haies, nous gagnâmes la bourgade de Pornichet.

Nous franchissons un ruisseau sur deux planches vieilles et flexibles posées à chaque rive dans un amas de cailloux qui sert de pilier.

J’aime ces ponts improvisés qui touchent presque l’eau, qui plient, se balancent, se creusent au milieu et rebondissent sous le pied qui les traverse. Au delà d’une petite colline de sable que nous gravissons, c’est la baie du Pouliguen. Elle s’arrondit sur un espace de trois lieues, portant Pornichet à une extrémité et Pouliguen à l’autre. Du côté de la terre, elle s’appuie à des dunes parsemées de joncs rabougris ; vers la mer, elle bouillonne sur quelques roches noires et va rejoindre le ciel. Des femmes arrachaient le sombre varech,  foulaient la pierre pour trouver des crabes et portaient sur leur tête des paniers d’où l’herbe marine pendait en lianes brillantes. Un homme coiffé d’un vaste chapeau noir, vêtu d’une blouse blanche, marchait entre deux femmes, chassant devant lui une maigre jument qui pliait sous le poids de trois ou quatre sacs de sel. Quelques mouettes aux pattes rouges battaient l’air au-dessus de nous, et, dans le ciel nuageux, la mer avait des teintes vertes uniformes et profondes. Nous allons côte à côte, mouillant nos pieds dans les petites vagues qui écument sur le rivage, muets tous deux respirant les rares parfums des goémons, n’écoutant que la voix de l’océan et le bruit régulier de nos pas qui craquaient dans le sable écrasant les coquillages. Un nuage crève quelque part et le vent nous fouaille à la figure»

 

"Voyages en Bretagne. Par les champs et par les grèves. " (voyage effectué en 1847), de Gustave FLAUBERT – Maxime DU CAMP. Réédition, Bruxelles, éditions Complexe, 1989 (1ère édition en 1885).

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