Bains de mer/Plages

Mardi 25 janvier 2011 2 25 /01 /Jan /2011 14:17

 

Le mois de janvier est le mois où l'on commence à penser à ses prochaines vacances. Si aujourd'hui, on choisit sa destination et l'on se rend à la plage de manière toute naturelle, à la fin du 19e siècle, cet acte apparaissait moins banal. Heureusement des journalistes et médecins étaient là pour vous mettre en garde !

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Pour en juger, voici un texte écrit par Emile Auzou, journaliste, dans son "Manuel pour les touristes et baigneurs" édité en 1897 par la Librairie Plon de Paris :

 

 « … Il faut vraiment mettre en garde les parents contre le bain. C’est à coup sûr une excellente chose et très fortifiante, mais on doit toujours demander avis préalable au médecin. Les enfants lymphatiques s’en trouvent bien, y peuvent rester longtemps ; mais les nerveux ne les supportent qu’un instant ou même pas du tout. Les plus petits ne doivent prendre que le bain chaud. Plus grands, on peut leur permettre cinq minutes, mais guère davantage… Que les élégantes, si cela les amuses, se contentent de sautiller grotesquement en poussant des cris ridicules, passe ; mais un homme doit savoir nager ; c’est d’ailleurs un exercice excellent, qui réchauffe même dans l’eau bien froide, qui assouplit et fortifie tous les muscles également, cambre les reins et donne de l’agilité, du coup d’œil, de l’audace.

Toutefois, si le médecin permet le bain, cela ne signifie pas "à toute heure". Beaucoup de parents se baignent jusqu’à 6 heures du soir, même fin septembre. C’est insensé. La meilleure heure est le matin, vers 10 ou 11 heures, puis l’après-midi de 3 à 5 heures, ou plus, en août…

… Se rappeler aussi qu’il faut avoir chaud pour prendre un bon bain, les adultes robustes le prennent en transpiration. Une remarque encore : on laisse les enfants, pieds nus, patauger au bord et très longtemps ; ils finissent souvent par avoir les pieds froids : s’ils ne sont pas à jeun, leur digestion en est troublée ; j’en ai vu de très malades, presque mourants, pour cette imprudence… »

 

 Quelques années plus tard, dans les années 1910, les bains de mer ne sont plus préconisés par les médecins et tout à chacun peut se rendre librement sur les plages. Toutefois, les municipalités sont là pour rappeler les régles de bienséance et de sécurité comme dans cet arrêté municipal de Pornichet  en date du 30 juin 1911 signé du Maire d'alors Eugène Coicaud :

 

Nous, maire de la commune de Pornichet,

Vu la loi municipale du 5 avril 1884, et notamment l’article 97,

Arrêtons :

Article 1er – Sur toutes les plages de la commune de Pornichet, il est expressement interdit de se baigner sans être vêtu d’un costume de bain complet, c’est à dire recouvrant tout le corps, du cou aux genoux.

Article 2 – Le petit caleçon de bain est formellement interdit.

Article 3 – On ne pourra se baigner avant 4 heures du matin, ni après 10 heures du soir.

Article 4 – Il est recommandé aux baigneurs de se comporter avec décence, il est défendu de tenir des propos obscènes ou d’outrager par des gestes ou par des paroles la morale publique.

Article 5 – Il est interdit aux parents, instituteurs, maîtres ou maîtresses de pensions, de laisser les enfants au-dessous de 14 ans se baigner. Ils seront tenus de le faire toujours accompagnés par des personnes capables de les surveiller et de leur prêter des secours au besoin.

 

 

Par Manuella Le Bohec - Publié dans : Bains de mer/Plages
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Vendredi 29 octobre 2010 5 29 /10 /Oct /2010 16:46

Continuons à feuilleter les vieux livres. Cette semaine, un texte sur les bains de mer. Ce texte humoristique de Lucien Puech écrit en 1886 relate l'épopée des bains de mer. Même si l'auteur ne mentionne pas de quelle station balnéaire il s'agit, on peut tout à fait imaginer une telle scène à Pornichet à la fin du 19e siècle...

 

 cpp 1119"Oh ! Les bains de mer ! On n’entend parler que de bains de mer ! Bains de mer par ci, bains de mer par là, et les voitures pleines de malles , les gares bondées ! Ca fait bâiller le bourgeois. Moi aussi j’ai bâillé seulement j’ai voulu voir et je suis allé aux bains de mer !

J’ai pris le train, les troisièmes, aller et retour. A l’arrivée, en descendant de la gare, pas plus de mer que sur ma main. J’ai demandé à un employé où était la mer ? Il m’a indiqué une rue mal pavée, un réverbère au bout et m’a dit : c’est là. Alors j’ai vu la mer.

Figurez-vous…de l’eau, de l’eau partout qui ne finit jamais. C’est affreux. Je suis allé à l’hôtel. Un hôtel très bien – un monsieur très bien, comme l’hôtel, m’a fait donner une chambre…au cinquième, au fond de la cour ! A Paris, on appelle ça une chambre de bonne. Aux bains de mer, c’est une bonne chambre. J’y suis monté ; je l’ai trouvé mauvaise. Une vue de derrière, ça ne dit pas grand chose. Je suis descendu pour déjeuner. Un monde fou, les uns sur les autres pour manger mal.

Par exemple il y a beaucoup de garçons ; seulement comme tout le monde les appelle en même temps, ils ne servent personne. Ils crient voilà ! voilà ! Mais ils ne viennent jamais. On étouffe. J’étais en nage, je suis retourné voir la mer. Toujours la même chose : unie comme un fromage de Hollande ! Alors je suis entré dans un jardin pour entendre de la musique. Un monde fou. On se marche sur les pieds. Les hommes regardent les femmes, les femmes les hommes et quand c’est fini on s’en va…au bord de la mer ! Je commence à en avoir assez de voir la mer !

IL est 4 heures, c’est le moment des bains. Sur la plage se trouvent des cabines. Figurez-vous des guérites de soldats fermées les unes à la file des autres. IL y a le côté des hommes et le côté des femmes, comme dans les gares. On s’y déshabille dans ces guérites. Les femmes en sortent avec des costumes…je ne vous dis que ça. C’est honteux ! Je ne comprends pas qu’un gouvernement qui se respecte laisse les femmes en plein air dans un costume pareil ! Notez que moi je les ai trouvé charmantes et leurs costumes ravissants. C’était très drôle de voir de grosses grosses femmes courtes à côté de grandes minces. Des petites, des jeunes, des vieilles. Tout ça pêle-mêle, et vous savez, pas moyen de mettre de faux machins ou de fausses choses, il faut montrer ce qu’on a ! Et bien il n’y en a pas des masses ! Et les hommes ! Oh ! Les hommes ! C’était à pouffer de rire. Des gros ventres sur de petites jambes. Des têtes rondes, chauves, de grandes moustaches. Et les pschutteux, pas râblés les pschutteux ! C’est triste ! C’est triste !

Quand tout ce monde là se jette à l’eau, c’est un vrai coucher de lunes ! Il y a des cordes qui séparent les sexes, mais je vous demande un peu comme c’est malin pour ceux qui savent nager, de passer dessous et d’aller voir ces dames ! C’est indécent ! Ce qu’il y a de plus amusant, c’est la sortie ! Les femmes avec leurs costumes collants sont à croquer. Aussi on lorgne et les maris sont enchantés. Ils ont l’air de se dire : c’est à moi tout ça – oh ! à toi… - c’est indécent !

C’est alors que j’ai vu des guérites à roulettes qu’on faisait avancer dans la mer. J’ai demandé à un monsieur si c’étaient des personnes malades que l’on transportait. Je ne sais pas ce qu’il m’a répondu. Il m’a parlé de mer qui se retire. J’ai haussé les épaules. Il était 5 heures. Voir tous ces gens se baigner, ça m’a donné envie d’en faire autant. Je nage comme un wagon, mais ça ne fait rien. Je suis entré bravement dans la mer et me suis écorché les pieds. Il n’y a pas de fond de bois comme à Paris ! C’est un fond de cailloux. Pendant que je regardais mes pieds, je n’ai pas vu une vague qui arrivait et qui a passé par dessus ma tête. J’ai eu peur, j’ai ouvert la bouche – et j’ai avalé une de ces gorgées d’eau ! Pouah ! C’était salé ! J’ai voulu cracher, une seconde vague et encore plein la bouche et toujours salé ! J’en avais assez. Je suis parti, seulement je suis toujours à me demander pourquoi ce jour-là l’eau était salée.

Il se faisait tard ; l’heure du dîner. La salle encore pleine, une chaleur lourde, ça m’a ôté l’appétit. J’ai tout de même pris le potage et demandé du poisson ; on m’en apporte un qui a une drôle de mine. Il est mou. Je me plains. Le garçon me dit « Monsieur sait bien que par cette chaleur le poisson ne peut arriver frais ». « Arriver d’où ça ? ». « De Paris, Monsieur ». Ah ! venir aux bains de mer manger un poisson de Paris ! C’est trop fort ! Je me suis levé et suis allé faire un tour au bord de la mer. Toujours cette mer bête – c’est une obsession ! Le casino est ouvert. Je suis entré ; il faisait trop chaud, je suis sorti. Le froid m’a saisi à la gorge. Je suis allé me coucher, je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. Il y avait bal à l’hôtel. Probablement des gens riches qui étaient venus pour se reposer. Le lendemain, en me levant je ne pouvais plus parler. J’ai demandé le médecin qui m’a conseiller de partir me soigner à Paris, en ajoutant que la brise de la mer m’était nuisible. Je suis descendu payer ma note : j’en avais pour 60 francs ! On m’a compté le bal des gens riches. J’ai essayé un quart d’heure de rabais ; mais inutilement. Je suis parti furieux …au bord de la mer. Oh ! Cette mer ! Quel cauchemar ! Je lui ai tourné le dos et j’ai couru à la gare sans m’arrêter ; je me serai noyé. J’ai pris le train et suis arrivé à Paris. J’allais donc enfin me reposer ! Mais mon mal de gorge m’était tombé sur la poitrine pendant le voyage. J’en ai eu pour six mois, dans mon lit !

 

Voilà ce que c’est les bains de mer !"

 

Par Manuella Le Bohec - Publié dans : Bains de mer/Plages
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Vendredi 24 septembre 2010 5 24 /09 /Sep /2010 09:57

Tout le monde le connaît ce petit train (ou plutôt les deux petits trains) qui sillonne le boulevard de mer pour le plus grand plaisir de tous !

 

 petit train debut de siecleS'il en est un qui fréquente assidûment le boulevard de mer, c'est sans aucun doute le petit train. Plus qu'un moyen de locomotion, il est devenu une institution qui arbore fièrement ses  122 ans !

En juillet 1887, M. Aubry, un paysagiste nantais, installe un tramway à vapeur de type Decauville, sur la plage entre Le Pouliguen et la Baule, appelé le Trait d'Union. En 1891, la ligne est prolongée jusqu'à Pornichet lui donnant ainsi le surnom de Mademoiselle Pornichette. La voie est posée à même le sable pendant les trois mois d’été et l'on peut alors faire le trajet pour la somme de 0,50 F à la vitesse de 18 km heure. Il est à la fois très critiqué du fait de la fumée, du bruit, des pannes, des déraillements qui lui valurent également le surnom de Déraillard et néanmoins très apprécié. En 1902, le matériel étant en très mauvais état, la ligne est fermée. L'année suivante, deux omnibus automobiles à impériale sont mis en place, mais le petit train était très regretté.

Il faut attendre les années 1930 pour voir un nouveau type de train faire la navette sur le boulevard de mer nouvellement inauguré : un train électrique.

C'est dans les années 1970 qu'apparaissent les modèles de petits trains qui circulent encore nos jours…

Par Manuella Le Bohec - Publié dans : Bains de mer/Plages
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Jeudi 2 septembre 2010 4 02 /09 /Sep /2010 18:50

Pour clore cette série sur les bains de mer et les activités, voici une sélection de photos du club des Crabes datant d'après-guerre et qui montrent l'engouement pour les activités de plage.

 

Encore tous nos remerciements à M. Yves Bescond qui nous a fourni tous ces excellents clichés.

portique 5

 portique

club 8

club 18

 1949-3

1949-2

Par Manuella Le Bohec - Publié dans : Bains de mer/Plages
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Jeudi 26 août 2010 4 26 /08 /Août /2010 12:21

On l'a vu la semaine passée, les concours de déguisements connaissent un vif succès. Mais ils ne sont pas les seuls. Tout est matière à concourrir et durant toute la belle saison les concours divers et variés s'enchainent : le concours du plus beau maillot de bain, le concours du plus beau vélo décoré, le concours du beau couple voire le concours du plus beau mollet organisé dans la ville voisine dans le parc de Ker Causette à la Baule. Parmi tous ces concours, on trouve également le concours du plus beau bébé ! Les participants défilent par tranche d'âge sous l'oeil ému de la famille...

 

bébé 7

bébé 6

 

bébé 4

 bébé 3

bébé 2

 bébé 1

 

bébé

Par Manuella Le Bohec - Publié dans : Bains de mer/Plages
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